Contexte historique

(Source : article de Wikipedia sur la guerre de cent ans)

Depuis deux siècles, la souveraineté sur l'ouest de la France, de l'Aquitaine à la Flandre, est à l'origine de conflits et d'intrigues entre Capétiens et Plantagenêts.

Au milieu du xiieme siècle, les Plantagenêts possédaient l’Anjou, la Normandie, le Maine, le Poitou, l’Aquitaine et le Limousin.la guyenne en 1330

A la suite des confiscations territoriales successives des rois de France, il ne reste plus en 1330 que Calais et la Guyenne, c'est à dire une Aquitaine diminuée et réduite à la côte gasconne et à Bordeaux .

La souveraineté sur la Guyenne fait l'objet d'un conflit larvé depuis plusieurs générations.

D'une part, la Guyenne joue un rôle important dans l’économie anglaise, et d'autre part le Roi d’Angleterre se trouve être pour elle le vassal du Roi de France et doit donc lui reconnaitre la souveraineté. Dans la pratique, un jugement rendu en Guyenne peut être soumis à un appel devant la cour de Paris et non pas à Londres. Le roi de France a donc le pouvoir de révoquer toutes les décisions juridiques prises par le roi d'Angleterre en Aquitaine, ce qui est bien sûr totalement inacceptable pour les Anglais.

La guerre éclate en 1337 sur fond de crise démographique, économique et sociale générale en Europe du XIVème  siècle, avec comme détonateurs les autres sujets de tension entre les deux dynasties au sujet des Flandres, de l'Écosse, et de la succession à la couronne de France que revendique Edouard III d’Angleterre comme descendant de Philippe IV par sa mère Isabelle de France.

La rivière Dordogne est la frontière historique entre la France et l'Angleterre pendant la Guerre de Cent Ans. C’est aussi en Dordogne qu'on localise la fin de la guerre de Cent Ans, avec la bataille de Castillon en 1453 où l’artillerie française appuyée de la cavalerie bretonne écrase l’armée anglaise menée par Talbot qui y trouve lui-même la mort avec son fils.

 

 

Les seigneurs de la Cropte pendant cette période

Le nobiliaire de Saint-Allais rapporte l’implication des seigneurs de la CROPTE :

Ainsi de Pierre de la Cropte, II° du nom (≈ 1350) :

La défaveur dont il fut l'objet par [le] testament [de son père] , ne pouvant pas être le fruit des instigations d'une belle-mère, puisqu'il était né du second lit, et que Ponce de Neuville était sa propre mère ; on ne peut en attribuer la cause qu'au parti que Pierre suivit à cette époque. On sait qu'alors les Anglais occupaient la Guienne, et qu'il y avait une guerre très animée entre eux et les partisans de Charles V. Sans doute, Fortanier de la Cropte, [son père] soit à raison de ses principes, soit à cause de son alliance avec les Beynac, qui étaient du parti français, était resté fidèle à son légitime souverain, tandis que son fils tenait pour les Anglais ; on voit en effet, dans les actes de Rymer (tom. 3, part. 2, pag.113), un mandement d'Edouard III, roi d'Angleterre, du 1er. juillet 1366, pour payer au seigneur de Caupène, ou à. Pierre de la Cropte, son procureur fondé, la somme de cent livres, pour la rançon du comte de Tancarville.

Ses descendants ne suivent pas le même parti. Saint Allais écrit aussi :

de Bertrand de la Cropte, évêque de Sarlat : (≈ 1420), son fils 

Il signala son épiscopat par un grand dévouement au parti du roi de France, et fut l'un des plus puissants promoteurs de la ligue qui se forma alors contre les Anglais, en Guienne, et qui prépara la conquête de cette province

de Jean de la Cropte , frère de l’évêque , I° du nom de Lençais: (≈ 1420) 

Jean de la Cropte, son frère, était capitaine à la Roque-Gayac, qui était, en ces temps, une petite ville bien close et très forte, dépendant de la temporalité de l'évêché de Sarlat, laquelle ne fut jamais prise par les Anglais, et fut toujours de bonne intelligence avec Sarlat.

En juillet 1426, les Anglais surprennent Saint-Quentin ; mais incontinent, Jean de la Cropte, accompagné des habitants de la Roque-de-Gayac, où il était capitaine, et de soldats, pris à Sarlat, en passant, les alla attaquer, et avant qu'ils se fussent fortifiés, leur  fit quitter la place ».

de Jean de la Cropte de Lençais, III° du nom (≈ 1440) 

Il n'avait que 16 ans, lorsqu'il fut contraint, pour sauver ses héritages, de se soumettre à la domination des Anglais, et de passer quelques années sous leur obéissance. Cette défection doit se rapporter à l'année 1440, ou environ, époque à laquelle les Anglais occupaient encore une grande partie du Périgord ; ils jugèrent sans doute utile à leurs intérêts de se l'attacher par des grâces et des bienfaits; car suivant un acte, conservé autrefois à la chambre des comptes de Paris, le lieutenant-général du Roi d'Angleterre lui fit donation du fort et des murailles de Couse, près de la Dordogne. Ce ne fut qu'en 1461 qu'il se détacha de leur parti et revint à son souverain légitime: [le Roi lui pardonna et le rétablit en ses droits]

de François de la Cropte de Lençais, son fils, (≈ 1450)

II se joignit au ban et arrière-ban  des Bordelais, dont il eut le commandement ; et ayant rassemblé ses vassaux, ses tenanciers et un certain  nombre de gens de condition, il aida à chasser les Anglais de la Guienne. Il mérita la bienveillance de son Roi, et procura à ses vassaux la confirmation des privilèges et immunités, qui leur avaient été ci-devant accordés. 

 

 

Le village de Chantérac, avec son église fortifiée n'est pas épargné. En témoigne cet acte d'absolution délivré par l'évêque de Périgueux lors de la reprise de l'église aux Anglais en 1428 :

Charte d’absolution accordée à Jean de Chabans pour le sang versé en l’église de Chantérac lors de sa reprise aux Anglais en 1428. (Le texte original est en latin)

Hélie de Soffron, chanoine et official de Périgueux, vicaire général au spirituel et au temporel du révérend père en Christ Bérenger, par la miséricorde divine évêque de Périgueux, aux commandants d’Agonac, de Pressac près le château épiscopal et à tous les autres chefs ci-après nommés ou qui combattent au loin pour nous en notre seigneur.

Nous avons reçu une humble supplique nos amis Jean de Chabans, Hélie Bossac, Hélie Genebrieyras, Arnaud Bley, Jean Bounafous, Arnaud des Farges, de Pressac, Arnaud le Noir, Raymond Chalnet, Arnaud le Gendre de Talet, Jean Rey d’Agonac, Guinot de Pressac, Pierre Bucheyrou et Jean Boyer, nous exposant qu’il y a peu de jours ils ont repris par la force sur les Anglais, ces anciens ennemis de notre Seigneur le Roi des Français, l’église de Chantérac et rétabli cette même église dans l’obédience dudit Seigneur roi des Français, dans laquelle église et avant sa reprise , il se commettait beaucoup de méfaits, comme dans une caverne de voleurs ; l’ennemi en sortait pour faire des excursions, pendant lesquelles il commettait force crimes, excès et homicides ; il en faisait aussi une prison publique. A l’occasion de la reprise de la dite église, il y eut une grande effusion de sang, rendue nécessaire par la nécessité de se défende ; Aussi les suppliants craignent-ils d’avoir encouru la condamnation des canons ; c’est pourquoi ils nous ont humblement supplié de leur accorder l’absolution de notre grâce spéciale.

C’est pourquoi, considérant que la reprise de l’église a été faite pour son bien particulier et celui de l’Etat, nous mandons à tous et à chacun de vous qu’ils soient absous et vous remettons nos pouvoirs.

Donné le seizième jour de juin, l’an du Seigneur M.CCCC.XXVIII.

Par ordre dudit seigneur vicaire et official

Jean de Verneuilh

(Ce document qui provient des papiers de famille de M. le Marquis de Chabans a été imprimé dans le chroniqueur, année 1856, pages 273 et 274)

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