La branche de la CROPTE de SAINT-ABRE reste connue

  • pour le chevalier de Saint Abre                voir la monographie correspondante

  • de façon indirecte, par Fénelon dont la mère était Louise de la CROPTE de SAINT-ABRE ,

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 voir la monographie qui lui est consacrée

 

  •  par Marie-Françoise de la Cropte, demoiselle de Saint-Abre, qui épousa, le 17 février 1744, François des Achards-Joumard-Tison, marquis d'Argence, seigneur de Dirac, les Courrières, la Monète, etc., chevalier de Saint-Louis.

Son portait par  Nattier est exposé au Metropolitan de NewYork (photo)   

 

 

La branche s’éteint à la fin du 18° siècle. avec André-Guy-Alexandre (génération XIX) qui ne laisse qu’une fille, Marie-Anne-Louise, née le 28.07.1812

et avec la descendance d’Henri-Joseph-Anne de la CROPTE de Saint-ABRE (génération XVII) qui laisse 4 enfants sans postérité :

·                  Emery-Isaac-Louis et  Emery-Isaac, tous-deux morts sans avoir été mariés,

·                  François-Isaac, abbé, 

·                  Marie-Françoise :

Extrait de « Cent portraits périgourdins » présentés par les membres de la société historique et archéologique du Périgord à l’occasion de l’année du patrimoine, Pierre fanlac éditeur, près la Tour e Vésone à Périgueux, MCMLXXX retranscrit par Gilles de Chantérac 42

à partir de l’exemplaire détenu par Dominique de Chantérac . 92

MARIE-FRANÇOISE DE LA CROPTE-SAINT-ABRE

Marquise de Gouffier

Un pastel du 18e siècle dans un cadre ovale de petite dimension ; un cadre aux ors ternis. Une jeune femme au visage émacié, aux cheveux poudrés. Deux boucles, châtain clair, encadrent le bas du visage. Sous l’arc accusé des sourcils, des yeux noirs et rieurs font oublier les paupières lourdes, le nez pointu. La bouche aux coins retroussés rappelle un peu la manière de La Tour. Couvrant les épaules nues, un ruché de tulles, retenu par un ruban bleu pâle, laisse deviner la chair blonde de sa gorge, le décolleté profond. Un spencer, bleu pâle lui aussi, corsette un buste frêle, presque un buste d’enfant ; moule des bras fluets. Maladresse d’exécution ? Peut-être. Mais le portraitiste de la dame en bleu sut insuffler la vie à son modèle, saisir avec bonheur la mobilité de la bouche et le feu du regard.

Telle apparaît, dans sa gracilité,Marie-Françoise de la Cropte-Saint-Abre, marquise de Gouffier, peinte par Huin le 19 juin 1783.

Le nom du peintre, celui du modèle et la date sont inscrits au dos du pastel. Que dire de notre marquise ? Jolie ? Non pas ; mais séduisante et enjouée. Souvent j'avais pensé, en regardant ce cou blanc et fragile que cerne un lacet de velours noir ; a-t-il connu l'horreur du couperet ?

Un ami aujourd'hui disparu, ancien président de la Société archéologique et historique de la Charente, appréciait ce pastel et s'était penché sur la vie de Marie-Françoise. Elle était morte m'avait-il dit, peu d'années avant la tourmente.

Que sait-on du peintre Huin pour lequel posa la marquise ? Jean Secret, président de la Société historique et archéologique du Périgord, a publié dans Périgord actualités du 15 avril 1972 un article très documenté auquel nous faisons de larges emprunts. Il y est question de la marquise et de son peintre.

Le Bénézit, écrit Jean Secret, signale trois artistes portant le nom de Huin : « Le premier était peintre de portraits à Strasbourg, au XIII ème siècle. Le second, Antoine Huin, était peintre à Paris en 1786 et "élève de l'Ecole des Elèves protégés ". La dernière était Mlle Huin miniaturiste, élève de David... »

L'auteur du pastel pourrait être Huin de Strasbourg. En effet, le nom qui figure au dos n'est précédé d’aucun prénom et , dans le Bénézit, l’artiste strasbourgeois n’est pas prénommé non plus. Que vaut mon argument ? Marie-Françoise sourit malicieusement derrière sa vitre et semble dire : « Accordez-vous » …

Reste à identifier le modèle, poursuit Jean Secret. Il est malaisé de s’y retrouver dans la prolifération des innombrables branches de La Cropte, puisque le généalogiste Saint-Allais en a énuméré une quinzaine. Ces branches étaient essentiellement périgourdines et l’on repère leurs armes sculptées aux clés des croisées d’ogive de l’église de Chantérac, comme aussi en la chapelle de Saint-Rémy, à Auriac-de-Périgord. Elles étaient d’azur à bande d’or accompagnée de deux fleurs de lys de même, l’une en chef, l’autre en pointe. Cette noble famille, bien fieffée, était apparentée à de très grandes familles du Périgord, comme les Salignac-Fénelon ; ou d’ailleurs comme les ducs de Savoie. La famille a compté trois évêques (Noyon, Aleth, Sarlat), deux abbés de Cadouin, des chevaliers de Malte, un sénéchal du Périgord, lequel était le frère de la mère de Fénelon, Louise de La Cropte.

Notre marquise de Gouffier, conclut Jean Secret, appartenait à la branche de La Cropte-Saint-Abre-Sérillac. Fille de Henri-Joseph-Anne de La Cropte, marquis de Saint Abre, sieur d’Aixe, Rochefort, Rochemeaux et la Bergerie, et de Gabrielle de Durfort-Civrac, elle épousa le 11 avril 1769 Louis-Guillaume-Angélique de Gouffier, marquis de Theix, mestre de camp de cavalerie ; ancien officier de gendarmerie qui mourut à Rochemeaux. Le ménage n’eut pas d’enfant.

A noter que les Gouffier étaient ducs de Roannez, et donc apparentés avec l’ami de Blaise Pascal …

Quant à Marie-Françoise, elle était la petite fille d'une Salignac-Fénelon. »

Quant au portrait de Marie Françoise, il provient d'un ancêtre de ma femme, magistrat s-Louis XVIII. « Les choses voient », a dit Estaunié. Que ne peuvent-elles parler ? Lointaine, évanescente, la marquise de Gouffier, née Marie-Françoise de La Cropte Saint-Abre, sourit de ses beaux yeux noirs... « Les portraits enfermés s'effacent. C'est leur manière de mourir. »

 

Jacques biget.

 

 

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