Gabriel de Chantérac est le dernier fils de  Louis-Joseph de la Cropte de Chantérac et de Marthe de Raimmond, mariés le 4 octobre 1627 qui eurent 8 enfants.

 

 

 

Par Aude de Vismes     33

Gabriel de Chantérac grandit paisiblement en Dordogne avant de rejoindre le séminaire saint Sulpice à Paris ou il entre le 14 juillet 1662.

Son oncle l’abbé jean de Chantérac, fondateur des prêtres de la mission de Périgueux a certainement  influencé profondément sa vocation sacerdotale. 

Dans cette solide institution où Fénelon viendra étudier à son tour cinq ans plus tard, il apprend la vie d’oraison et l’esprit de sacrifice. Il s’agit de  « ne rien désirer par soi, mais seulement en Jésus-Christ qui fait désirer les choses quand il faut et comme il faut » et de « vivre dans l’esprit de Jésus-Christ qui doit nous séparer du monde animés du monde même »

Fénelon et Gabriel de Chantérac ne se rencontreront pas au séminaire Saint Sulpice.  Mais c’est le directeur du séminaire, Monsieur Tronson, qui les mettra en relation. « C’est un de nos plus intimes amis et qui est capable de vous rendre de grands services. Car je crois qu’il n’aura pas moins d’esprit de capacité, de prudence et de bonne volonté qu’il en avait autrefois au séminaire. » écrit-il à Fénelon à propos de l’abbé Gabriel.

 

« Sage dans la conduite, ferme pour le dogme » C’est ainsi que Fénelon  qualifie, lorsqu’il doit le présenter, celui qu’il appelle familièrement son parent, l’abbé Gabriel de Chantérac.

 On sait peu de choses sur cet homme discret et réfléchi qui restera jusqu'à la fin de sa vie un des collaborateurs les plus proches de l’évêque de Cambrai. Il est dans l’intimité  celui que Fénelon appelle « le Vénérable

On ne connaît les raisons qui ont poussé Fénelon à envoyer son ami a Rome pour le défendre. On sait juste que l’abbé de Chantérac se donna corps et âme à cette noble cause où il fallu faire preuve d’érudition et d’abnégation, de modestie et de fermeté.

Pour avancer, le prélat s’ appuie sur cette phrase de Fénelon « l’homme digne d’être écouté est celui qui ne se sert de la parole que pour la pensée, et de la pensée que pour la vérité et la vertu »

Albert Delplanque dans sa notice  « Fénelon et ses amis » écrit à ce sujet :

« Ses lettres écrites de Rome ne se détournent jamais de leur objet : la Rome chrétienne et la Rome païenne , tant de monuments grandioses de deux civilisations à côté desquels il passait tous les jours, le paysage, la beauté du ciel et des montagnes, les mœurs du pays, rien de tout cela n’a laissé de traces dans ses lettres et on regrette cette sobriété et cette sécheresse mais il n’écrit pas pour s’amuser, ni pour amuser; il écrit parce qu’il le faut ».

C’est avec une farouche obstination que l’abbé de Chantérac  défend devant le Pape Innocent XII sa cause du Quiétisme. Il rentre de la ville éternelle fatigué, ne pouvant presque plus marcher. Cela ne l’empêche pas de poursuivre sa mission de directeur spirituel auprès des carmélites de Bordeaux avant que Fénelon ne l’appelle à Cambrai pour être son vicaire général. L’abbé de Chantérac favorise l’ouverture d’un séminaire.

 

Il ne meurt que quelques mois après Fénelon à Périgueux le 20 août 1715, soumis et obéissant à l’église de Rome et toujours  profondément soucieux du salut des âmes.

 

A travers ses lettres envoyées de Rome on remarque que l’abbé Gabriel de Chantérac  appréciait  particulièrement la droiture de Fénelon, son souci d’être dans la vérité, son esprit évangélique, sa modestie et sa justesse. Dans un siècle dominé par l’absolutisme de Louis XIV  Fénelon à travers ses écrits osait dire timidement mais avec intelligence que le religieux pouvait aussi se mêler des affaires de la cité créant ainsi des  « ponts » entre la terre et le ciel.

 

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