Contexte historique : la révolution et l'Eglise

Sous l’Ancien Régime le Catholicisme est Religion d’Etat. Le Clergé est le premier Ordre dans la hiérarchie sociale avant la noblesse et le Tiers-Etat. En dehors du culte, les prêtres se chargent de l’Etat Civil, de l’organisation des grandes fêtes religieuses, de l’instruction  publique depuis les écoles primaires jusqu’à l’Université. Ils gèrent aussi l’entretien des hôpitaux, des  hospices et des orphelinats.

 Le pays vit une crise économique sans précédent aggravée par le coût de sa participation aux guerres d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique.

 En 1789, les dettes de la Monarchie contraignent Louis XVI  à convoquer  les Etats Généraux le 17 juin 1789, ce qui n’était pas arrivé depuis le XVIIème siècle.

Le Tiers-Etat se proclame Assemblée Nationale. Le Roi demande aux deux autres ordres d’y participer. Ainsi nait en juillet 1789 l’assemblée constituante.

Celle-ci décrète le 2 novembre 1789 la mise à disposition de la nation les biens du clergé afin de rembourser la dette.

Un an plus tard, le 12 juillet 1790 l’assemblée constituante adopte la constitution civile du Clergé. Le clergé séculier assimilé aux fonctionnaires devient salarié par l’Etat et doit prêter serment de fidélité à la nation, à la loi et au Roi. Une Eglise Constitutionnelle est ainsi censée remplacer l’église catholique Romaine.

Le pape déclare l’église constitutionnelle schismatique le 10 mars 1791

 On estime à sept évêques dont quatre seulement à la tête d’un diocèse le nombre de ceux qui prêteront serment à la Constitution Civile du Clergé. Les 150 autres Evêques dits « réfractaires » prendront le chemin de l’exil ou seront guillotinés.

A partir de 1792 commence une période de déchristianisation organisée par le gouvernement révolutionnaire entrainant la fermeture des églises et la destruction des symboles religieux.Les congrégations religieuses sont supprimées en août 1992. 

1993 constitue le pic de la Terreur. Un décret du 23 avril 1793 prononce la peine de mort avec exécution dans les 24h à l’encontre de tout prêtre non assermenté. Le 10 novembre 1793, le culte de la raison est intronisé à Notre Dame. Quelques jours plus tard toutes les églises sont fermées. Le calendrier républicain abolit les fêtes de l’Eglise, supprime les noms des saints pour en effacer à jamais le souvenir. Ainsi le 25 décembre est consacré au chien. Le 6 janvier jour de L’Epiphanie à la pierre à chaux et le 1er novembre, fête de la Toussaint aux salsifis.

 

Charles, Monseigneur de Chantérac,

Né le 6 avril 1724, sous Louis XV, au château de Chantérac, Charles est l'oncle de Gabriel, ancêtre commun des Chantérac d'aujourd'hui. 

Il est nommé évêque, comte d'Alet (Aude) en 1763, un petit évêché dans l'Aude qui avait été créé à la fin de la période cathare et qui sera supprimé après la révolution.

Il y poursuivra pendant 30 ans la grande activité de bâtissseur de son prédécesseur, Nicolas Pavillon et les experts peinent à comparer leurs mérites.

 link Voir l'article consacré à Nicolas Pavillon qui conclut sans rien enlèver à l'estime qui lui est due :

[...] Nicolas Pavillon fut bien loin d'être le constructeur que d'aucuns ont voulu voir en ce pauvre prélat. Et en tout cas, sûrement pas le plus grand bâtisseur des 35 évêques d'Alet. A cette aune, c'est sans conteste, Mgr de Chanterac qui doit obtenir ce titre.

 

 

En 1992, la Révolution contraint Monseigneur Charles qui a refusé de prêter le serment constitutionnel, à se cacher puis à choisir l'exil volontaire :

 

Le 1er septembre 1792, il quitte secrètement sa ville épiscopale dont la cathédrale a été fermée par les autorités et se réfugie en Espagne à Sabadell.

 Louis XVI est guillotiné le 21 janvier 1793. Charles de Chantérac meurt le 27 avril suivant à Sabadel d’une apoplexie foudroyante et y est inhumé.

Le 11 octobre 1959 une plaque commémorative est posée dans la cathédrale Sabadell en présence de la famille et des autorités civiles et religieuses locales avec la messe  présidée par l’abbé Gaétan de Chantérac, rameau 71, prêtre du diocèse de Paris. « Un acte du cœur, un acte de réparation pour les méfaits accomplis aux jours sombres de la folie et de la haine » dira sur place le chanoine Rougé, prêtre du diocèse de Carcassonne. 

 

 

 

Deux cents ans après sa mort, le 22 mai 1993, plus de deux cent descendants de son neveu Gabriel de Chantérac se retrouvent à Alet, à l’initiative d'Alain de Chantérac, rameau92, père de l'abbé Dominique de Chantérac, prêtre de la communauté de l’Emmanuel. Une messe présidée par l’évêque de Carcassonne est célébrée à Alet pour la famille et le « défunt prélat ». Elle est suivie d’une cérémonie civile en présence du maire de la ville et d’un festif déjeuner champêtre occasion de discours familiaux.

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  Lire la vie complète de Charles de Chantérac, évèque d'Alet

 

 

(B.S.H.A.P. 1892 p. 156, 1942 p. 364, 1972 p. 94 ; Lafon p. 107 ; Carles p. 272 ; B.C.H.G.P. n° 48, septembre 1997, p. 66, Bouet p. 41 ; B.S.H.A.P. 1883 p. 278)

 

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